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Jonglant avec les dates et les anecdotes d'une autre République, Jean-Marie Le Pen portraiture François Mitterrand en " ambitieux" et "opportuniste", et parle, tout en respect, d'un "adversaire politique intelligent, cultivé et de talent".
Leur première rencontre eut lieu en décembre 1955, à Nevers, lors de la campagne des élections législatives de janvier 1956. L'Assemblée nationale dissoute, François Mitterrand mène campagne dans la Nièvre. Sous une grande halle, il prononce un discours devant des centaines d'ouvriers, d'agriculteurs et de petits commerçants. Jean-Marie Le Pen, lui, est sagement assis au dernier rang."J'y étais avec un groupe de poujadistes. Nous l'écoutions quand, soudain, il s'est évanoui sur scène [Mitterrand fut en effet pris de syncope, NDLR].La tribune était vide. J'ai donc bondi pour prendre sa place et pour présenter notre programme devant son public", confie l'intéressé, qui savoure encore son exploit. Ils se recroiseront en mai 1962, au procès du général Salan, où les deux hommes étaient appelés à témoigner à sa décharge.
En 1981, faute d'avoir ses 500 signatures, le président du Front national ne peut être candidat à la présidentielle. Par la suite, Le Pen écrit au chef de l'Etat, Mitterrand, afin de réclamer un "traitement équitable". Une aubaine pour le socialiste, qui y voit un moyen de contrer le RPR de Jacques Chirac. Mitterrand prend acte de la requête de Le Pen et le lui fait savoir par courrier. Quelques mois plus tard, la France découvre sur le plateau de TF1, puis d'Antenne 2, deux chaînes de grande écoute, la mèche blonde et les poings rageurs du leader d'extrême droite, pourfendeur - déjà - de l'immigration. Merci qui ?"L'omerta avait été rompue grâce à Mitterrand", reconnaît le tribun frontiste. Ce n'est pas tout. En 1986, par le biais du scrutin à la proportionnelle instauré aux législatives, Mitterrand permet au FN d'avoir des élus à l'Assemblée nationale. Le Pen n'ignorait rien de la manipulation qui se faisait à son avantage."C'était un vrai politique. Il aurait été un benêt de ne pas le faire", sourit-il. Le fondateur du FN juge que le "comportement" de l'ancien président de la République a été"tout à fait digne" durant ses deux septennats. Comme Mitterrand, Le Pen a été élu sous deux Républiques différentes. Et, à l'en croire, dans sa pratique du pouvoir comme dans sa manipulation des hommes, le socialiste était davantage "quatrième-républicain que cinquième-républicain. On le disait florentin, habile, ce ne sont, pour moi, pas des vices". En revanche, Le Pen se montre moins enjoué lorsqu'on évoque la profanation du cimetière de Carpentras, en 1990, et les propos d'Yves Bertrand, ancien patron des RG, selon lequel Mitterrand, avec Pierre Joxe, ministre de l'Intérieur, aurait souhaité impliquer le FN dans cette affaire afin de compromettre toute alliance entre le parti frontiste et le RPR. Le Pen : "C'était une machination gouvernementale ou paragouvernementale abjecte."
"Je vous ai bien eu". A l'inverse de nombreux politiques, Le Pen n'a que très rarement participé aux campagnes contre le Mitterrand vichyste, décoré de la francisque."Je l'ai rappelé à quelques occasions, uniquement lorsque les socialistes nous donnaient des leçons", admet-il. A l'en croire, l'ancien leader socialiste n'était pas un homme de convictions, seul le pouvoir l'intéressait : "A Vichy, il était proche du pouvoir ; sous la IVe République, il a été plusieurs fois ministre et, sous la Ve, il a été président."
Le Pen se souvient parfaitement de leur dernière rencontre. C'était quarante ans après cette histoire de Nevers : "Il prononçait son dernier discours devant le Parlement européen de Strasbourg. Il était mourant. Et c'est là qu'il dit:"Le nationalisme, c'est la guerre."" A la fin de la session, des eurodéputés sont conviés à la sous-préfecture du Bas-Rhin pour un pot autour du président de la République. Le leader du FN, accompagné de Robert Hersant, est de ceux-là. Le voyant dans un coin de la salle, Mitterrand se dirige vers lui."Il me serre la main et je lui dis : " Alors, comme ça, le nationalisme, c'est la guerre ?" Il me répond à l'oreille : "Avouez que je vous ai bien eu !""
François Mitterrand, à cause de sa réelle grandeur, ne doit pas être pour autant l'arbre qui cache la forêt socialiste. ...
Ceux qui se réclament de lui, au PS, n'ont pas tort. Malgré ses défauts et ses fautes, François Mitterrand a tracé une voie acceptable pour la France sans monter les Français les uns contre les autres comme le fait M. Sarkozy. D'ailleurs ni M. Le Pen ni M. Chirac (cohabitation) n'ont eu à livrer des guerres sanguinaires contre lui. C'est la preuve que la France peut vivre sa politique d'une manière civilisée.
Par ailleurs, il est normal que les disciples actuels de François Mitterrand veuillent suivre son exemple. Il est normal aussi que l'alternance joue dans ce pays comme dans d'autres démocraties comme les Etats-Unis.
Qu'on ne nous parle pas d'UMPS... Le combat s'instaure, comme toujours, entre la droite et la gauche. Un combat républicain d'où il faut exclure absolument les extrêmes et surtout le FN qui déteint fâcheusement sur l'UMP aujourd'hui. Un FN hier en noir et blanc et aujourd'hui "colorisé" par sa chef qui veut restaurer à tout prix, ce parti au sombre passé, quitte à invoquer de Gaulle... Oui... De Gaulle ! C'est à ne pas y croire.
... que Mitterrand était un démocrate et Sarkozy un anti républicain, que cela ne m'offusquerait pas... !
Mitterrand était certes intelligent, cultivé et de talent, mais il n'était pas que ça !
Donner la parole à ses opposan...ts est plutôt à mettre au crédit de Mitterrand.
Empêcher à ses opposants de s'exprimer est un signe de totalitarisme. La démocratie veut que toutes les tendances soient représentées à l'assemblée !