
Suspendu de sa qualité d'adhérent du Front national (FN), Jean-Marie Le Pen a annoncé, dans une interview sur Radio Courtoisie lundi 11 mai, qu'il allait créer une nouvelle formation politique « qui ne sera[it] pas concurrente » du FN. Cette structure « qui ne sera pas un parti » représentera, a-t-il précisé, « un parachute contre le désastre, de façon à peser pour rétablir la ligne politique qui est celle qui a été suivie depuis des décennies ».
L'ancien vice-président du FN, Bruno Gollnisch, a confirmé sur France Info que « Jean-Marie Le Pen [lui] avait parlé de quelque chose comme une fondation ou une association. Ce sera peut être l'occasion d'une clarification. »
« Qu'elle choisisse entre son père et Philippot »
Invité de l'émission « Libre Journal » de Henry de Lesquen, dont il est proche, M. Le Pen a critiqué la nouvelle ligne du parti soumise, selon lui, à l'influence néfaste des collaborateurs de sa fille, « issus des écoles de sciences politiques » et, en particulier, de Florian Philippot.
« Je ne crois pas que Marine Le Pen se rende compte qu'elle est otage [de Florian Philippot]. L'homme a du talent, il a su se rendre indispensable. Elle a fini par se rendre prisonnière de son collaborateur. »
Après avoir déclaré une guerre ouverte à sa fille, en déclarant qu'il serait opposé à sa victoire en 2017, M. Le Pen a amendé son discours. Il affirme désormais que Marine Le Pen est « quelqu'un de grande valeur » qui n'a pas « trahi » mais qu'elle « s'est trompée ». « J'attends qu'elle précise sa pensée et qu'elle choisisse entre son père et [Florian] Philippot ».
Interrogé sur les régionales, l'ancien président du parti a renouvelé son soutien à sa petite-fille, mais aussi à sa fille :
« Il y a deux mois, je pensais que nous étions en mesure d'enlever deux, trois ou quatre régions aux socialistes. J'en suis moins sûr maintenant. Il faut que Marion Maréchal-Le Pen se présente en tête de liste en PACA, et je pense que Marine Le Pen devrait aussi le faire dans le Nord, sinon nous ne prendrons aucune région. »
Les adhérents du FN appelés à se prononcer
Devant le risque juridique qu'aurait posé une exclusion du président d'honneur « en exercice », le bureau exécutif du FN a décidé de contourner le problème. Il renvoie la décision à l'assemblée générale des adhérents, seule à même d'« apporter toutes les modifications aux statuts de l'association », selon l'article 27.
Les adhérents seront donc appelés prochainement à se prononcer sur le maintien ou non de la fonction de président d'honneur. Il s'agit là d'un pari politique de Marine Le Pen face à ce qui va, en réalité, s'apparenter à un référendum pour ou contre Jean-Marie Le Pen ou, plus généralement, pour ou contre la stratégie de « dédiabolisation » mise en place par Marine Le Pen en 2011 et contrariée par les sorties polémiques à répétition de son père.
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